ANECDOTES ET TRADITIONS


"SAN-BERTULI"

 

C'était le 24 août, cette année !.

 

Le 24 Aostu la Saint Barthélemy, la tradition perdure et c'est l'essentiel car c'est ici que bat le cœur de la Corse, d'une Corse sans fioriture, d'une Corse authentique dans sa majestueuse beauté, la magnificence de ses châtaigniers d'un autre siècle, ses parfums indéfinissables, subtils et forts à la fois : la Castagniccia !
Rendez-vous est donné dans la douce fraîcheur d'un petit matin clair à Parata, village du "bout du monde" où rien ne semble avoir changé depuis des siècles, où le sourire et la gentillesse de ses habitants nous accueille avec le petit café de l'amitié. Les mules, les ânes, compagnons de toujours des bergers; attendent doux et dociles, bâtés comme aux temps anciens : l'escalade peut commencer.
Le chemin, que les hommes du village ont préparé durant 4 jours, est devenu très accessible et l'on sent sous chaque pas, cette noble qui alimente cette magnifique Castagniccia, Nous gravissons sans trop de peine dans l'ombre généreuse de cette forêt, le soleil, pour l'instant, darde ses rayons sur le versant opposé. Et puis... c'est l'arrivée sur le plateau où se dresse une magnifique chapelle-bergerie.
Et c'est une explosion de lumière, un panorama grandiose, toute l'âme de la Corse est ici, en cet instant.
Nos deux bergers qui vivent ici le temps de la transhumance ont réalisé un travail colossal d'aménagement, rien ne manque, ni le petit café de bienvenue, ni le Pastis, ni le rosé mis au frais, ni l'eau des sources si pures, ni les bougies, ni même les bonbons bénis tout à l'heure par le prêtre qui officiera dans la chapelle. Mais surtout... surtout ce qui domine dans cette chaude ambiance c'est l'amitié, les retrouvailles des uns et des autres, dans ce rassemblement de centaines de pèlerins. Et ils arrivent par tous les chemins, venus des villages alentours, Pour les plus âgés ou invalides, il y a même l'hélicoptère, gros bourdon rouge et blanc qui apporte curieusement sa touche de modernité dans ce paysage d'un autre temps, mais vive le modernisme s'il peut aider ceux qui n'ont plus les jambes assez solides pour l'escalade, à faire vivre encore et toujours cette tradition.
Pour le déjeuner, chacun a fait son "lit" de fougères aux senteurs poivrées, pour s'installer confortablement et déguster le saucisson, lonzu, coppa, fromage, le tout bien sûr sur fond de paghjelle, chjami e rispondi que les bergers offrent généreusement à nos oreilles attentives, déclenchant cette "chair de poule" que provoque toujours ces chants à ceux que la Corse fait vibrer. Et la journée doucement s'achève, les bergers remontent sur les mules ou chevaux, on referme le couteau, on a tiré quelques salves, et on se dit "a prestu".
Nous sommes un petit groupe à boire le dernier verre d'eau de ces sources d'une grande fraîcheur, on achète le fromage aux bergers, on prend une main pour un au revoir, on a la gorge un peu serrée. On voudrait rester encore et encore, mais rendez-vous est pris pour l'année prochaine, une dernière paghjella pour notre départ dans sa force, sa beauté, et c'est toute l'âme de cette Corse que j'aime tant qui réson
ne.

 

Fanny

 


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Dernière modification : 20 novembre 1999